Autour du Monde

Voyages, qu’avez-vous fait de ma fille ?

Ce texte s’adresse à ma mère, à mon père, à ma famille qui m’ont élevée et portée, soutenue et accueillie ainsi qu’à tous ces parents qui voient leurs enfants partir des mois, des années, et revenir transformés.

Après trois années loin de sa maison, la voilà qui rentre enfin chez elle. Elle a choisi de partir découvrir ces autres pays dont le monde parle tant, étouffée ici par le sien. La voilà de retour, grandie, nourrie, de ces ailleurs et de ces autres qui – en quelque sorte – l’ont élevée comme nous l’avons fait son père et moi, sa famille.

La voilà changée. Dans ses gestes, ses mots, ses yeux, je la sens différente. Différente de celle que j’ai mise au monde et vue grandir, bien au chaud dans mon cocon, sous mon toit et sous mon regard, en sécurité. Différente de celle que j’ai protégée et que j’ai vue partir la boule au ventre dans ce grand vide rempli d’inconnus. Plus tout à fait comme avant, pas tout à fait une autre pour autant.

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Retour en France

Couples de nomades, lorsque le voyage se termine

Séparés par des kilomètres de routes et d’océans, les couples d’expatriés ou de voyageurs font face à l’inextricable distance qui les sépare.

Loin des yeux, loin du coeur ?

Créer du lien, même si nos corps sont loin. Echanges de mots et de regards. Son sourire qui traverse les marées pour venir me toucher en plein cœur. Parler, parler même pour ne rien dire. Pour tuer l’absence de lui, de nous. Parler de tout, surtout de rien, pour remplir le silence. Aller chercher une réaction, sa voix, une vibration intérieure pour ressentir qu’il est là quelque part en ce monde et en moi. Provoquer un sujet, construire un projet à nous, pour tenir les secondes, les semaines, les mois qui s’écoulent en respectant à la lettre le principe de la relativité.

Me souvenir de ces mots si précieux.

Ces mots que j’ai prononcé aux portes d’une autre frontière, à l’aéroport.

Je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme toi. Tu es parfait. Parfait pour moi. Merci. Merci d’être venu à ma rencontre. Merci de t’être mis sur mon chemin. Merci d’être toi et d’être là. Merci pour ta patience, ton calme, ta gentillesse, ta générosité. Même lorsque je panique, que je suis stressée, que je suis violente. Je t’aime. On va y arriver. J’ai confiance en nous. Ça va passer vite ces quatre mois. On va le faire, c’est tout.

Ses yeux , sa bouche, ses mains.

Tenir bon, même si tout commence déjà à s’effacer. On n’a pas eu assez de temps pour s’imprégner. Tout est allé si vite, une respiration et je suis partie. J’ai repris l’avion vers notre continent. Je l’ai quitté. Une respiration.

C’est ça le bonheur ?

Lorsque les aiguilles volent et s’arrêtent dans un même mouvement ?

Retrouver, induire en moi ces vibrations qui font la magie de notre union. Bien au-delà de nos émulsions intellectuelles, c’est bien cette alchimie entre nos deux corps, cette énergie, qui donne à notre relation toute sa puissance. Cette force, cet alignement entre deux êtres indépendants et pourtant unis par leur complémentarité, qui donne cette couleur, cette résonance, si particulière à ce qui forme un « nous ».

Transformer l’idylle.

Les jours, les semaines sont passés. Il m’a rejoint, enfin. Nous découvrons, partageons, entremêlons nos deux sphères de vie. Celles qui étaient restées sans trace de notre présence respective, celles qui nous étaient inconnues. Nos quotidiens, nos amis, nos familles, nos deux réalités s’entrechoquent. Faire face aux différences. Peut-être même pour la première fois, les voir se matérialiser entre nous.

Ce n’est plus tout à fait comme avant. Il y a cette énergie qu’on ne connaissait pas. Ce n’est pas celle des nomades que nous sommes, mais celle des sédentaires. On se fait rattraper par la réalité. Terminées les apartés dans un pays lointain, entourés de gens qui ne nous connaissaient pas. L’idylle sans attache, sans obligation, sans responsabilité, sans famille, s’efface peu à peu, pour laisser place à ce qu’on en fera.

Retour à la réalité, construire pas à pas.

J’ai l’impression qu’on a été téléscopé à la vitesse de la lumière. Chamboulés. Retournés. Déstabilisés.

Avant on fonctionnait en « ON/OFF », on se voyait 24/24h, et ce temps nous était entièrement consacré, le monde autour disparaissait. Ou bien, on ne se voyait plus du tout, tous les deux vivants dans une autre ville, un autre pays.

Aujourd’hui, chaque jour, je plie en quatre ma sphère spatio-socio-temporelle pour l’incorporer peu à peu dans mon emploi du temps hyper-chargé de jeune coach-entrepreneure, délicatement comme les blancs d’œuf dans le coulis au chocolat. Je lui fais de la place. Je lui ajoute une brosse à dent, une serviette de bain dans mon quotidien. On se découvre sous d’autres coutures. On fait face à des situations délicates où l’on découvre à quel point nos vies sont différentes, nos dynamiques inversées, nos habitudes opposées. On doute un peu, beaucoup, parfois, souvent…

Lorsque je le regarde dans les yeux, il a toujours cette étincelle de vie qui brille.

Lumière vive qui me réchauffe comme le feu du soleil couchant que l’on contemplait au Québec, émerveillés. Je suis touchée. Je le reconnais. Je sais. Je sais que j’ai la force de continuer malgré les turbulences. Je ressens cet élan d’affection, de confiance, de sérénité qui me pousse à y croire encore et toujours.

Canada

Hommage à mon ami, cet arbre québécois

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Sur les plaines d’Abraham – Québec

Quel bonheur de ressentir de nouveau la vie t’entourer, t’accompagner.

Les oiseaux poussent leurs cris de joie ou de combat. J’en vois deux qui se chamaillent, ou bien est-ce une sorte de parade ? Les écureuils sautillent de branche en branche, d’ailleurs, j’en ai fait fuir un qui jouait dans les tiennes. Qu’ils sont habiles !

Comme à mon habitude, je grimpe prudente et maladroite sur cette branche couchée sur laquelle je viens me recueillir depuis des mois. Tu retrouves tes couleurs et ta vigueur. Que tu es confortable, on dirait une place consacrée à la réception d’humains en mal de nature.

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Autour du Monde, Voyage intérieur

Dire au revoir à cette backpackeuse en moi

Après une année partie seule en sac à dos sur les îles du Pacifique, après l’Italie, les USA, le Canada, on dirait que je suis fatiguée de tous ces mouvements, de cette vie sans attache, pleine de valises, à la « roots ». La baroudeuse que je suis — ou que j’étais, je ne sais plus — a de nouvelles envies, de nouveaux rêves, de nouveaux désirs pour son avenir.

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Canada

Mon voyage en solitaire dans les Rocheuses canadiennes, le roadtrip de trop.

J’ai pris mon envie à deux mains – et mon courage – je suis partie complètement seule visiter les parcs nationaux de Banff et de Jasper, les rocheuses canadiennes. J’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait. De beautés en galères, de la solitude à la foule touristique, des logements hors de prix aux nuits à la rude. Première fois que je ne planifie rien, et ça risque bien d’être la dernière !

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