Autour du Monde, Voyage intérieur

Ceux qui ne voyagent pas pour les rencontres

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, je ne crois pas que tout le monde voyage pour faire des rencontres. Nous avons des façons bien singulières de vivre le voyage, et chacun des raisons bien particulières qui nous poussent à partir. Les rencontres sont pour certains un leitmotiv important, une priorité. Pour d’autres, ce sont des cadeaux collatéraux. Une belle conséquence au fait de voyager.

Je voyage pour me fondre dans la nature. Me laisser transporter, transpercer, par les couleurs et l’immensité, par la force qui se dégage de la nature. Cette même puissance qui me fait sentir grande et petite. Je voyage pour le silence des humains qui honorent le chant sacré de ce qui les entoure. Je voyage pour les splendides nuances, les incroyables créations, les subtiles textures de notre Terre-Mère. Elle me replace en mon centre, me rend humble, m’aligne avec douceur et justesse. Elle m’inspire et me donne de l’espoir. Elle me connecte avec mon sens artistique.

Je voyage pour de multiples rencontres.

Souvent autres qu’humaines. En voyageant, je rencontre divers univers aux aspects impalpables, leurs trous noirs et leurs étoiles, leurs planètes et leurs poussières. Souvent, cela nécessite de rester en retrait, en silence, dans l’inaction, à contempler, à ressentir. Se fondre dans la solitude, dans les espaces des non-dits, dans le malaise qui règne, pour trouver à l’extérieur de soi quelque chose qui fait écho à ce qui se trouve à l’intérieur de soi.

Le mouvement d’une rencontre c’est un va-et-vient continu, une danse perpétuelle et harmonieuse, équilibrée, entre l’extérieur et l’intérieur. Or, la plupart des rencontres se passent dans le verbe, on crie, on rit, on explique, on s’excite. On fait du bruit, de grands mouvements qui floutent l’invisible. On s’écoute sans s’entendre, on se regarde sans se voir. On parle pour exister, pour combler le vide autour de nous, le vide qui existe entre l’autre et moi que je ne connais pas. La plupart des rencontres se font grâce à une chorégraphie bien connue et maîtrisée, des pas de danse qui demeurent à l’extérieur de soi. On ne se dévoile pas, ou très peu. On ne met pas de l’autre en soi, ou si peu. On fait tourner nos têtes, en n’engageant pas notre cœur. On envoie des messages vers l’autre, dans une énergie qui ne fait que donner, sans jamais réellement recevoir.

Et si je me taisais ? Verrais-je des détails différents ? Se passerait-il quelque chose qui m’échappe alors que je m’agite ?

Lorsque les gens sont de trop…

Pour ce nouveau roadtrip au Canada, je m’aperçois que je ne suis plus faite pour partager la route avec des inconnus choisis au hasard, dans la précipitation, et la spontanéité des destinations que nous souhaitons visiter. Ça a plus ou moins fonctionné en Australie. Difficile de marier des étrangers. Aujourd’hui, je vais me faire le cadeau sublime de respecter cet appel du cœur, celui qui se faisait timide autrefois, mais qui se manifeste telle une exigence aujourd’hui. Je vais partir seule. J’ai loué une voiture pour arpenter les Rocheuses canadiennes, et après maintes réflexions et déceptions, et je ne souhaite emmener personne. Je me lance le challenge de vivre ce voyage, qui promet d’être sublime, seule, pour de vrai.

Celui ou celle qui voyage sans parler à personne… Gardez-vous de le juger, il est parti comme vous pour la beauté du voyage. Pour grandir, pour l’aventure et l’exploration, pour l’amour de la nature, pour les rencontres… toutes sortes de rencontres. Celles que vous n’avez peut-être pas encore expérimentées, dont vous n’avez même pas connaissance. Celles qui demandent de rester seul, en silence, à observer ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur. Celles qui se passent de compagnie.

La seule rencontre qui apporte des réponses.

Bien évidemment, les autres sont une source d’inspiration magnifique, ils nous enrichissent, nous donnent de l’élan. Une nourriture pour le cœur qui nous aide à construire notre chemin. J’ai besoin des autres pour grandir.

Pourtant, à ceux qui pensent trouver une réponse existentielle en partant voyager : on ne trouve que des moitiés de réponses en se concentrant sur une dynamique externe à soi. Les réponses pleines de sens, puissantes, vraies se trouvent à l’intérieur, il faut s’y plonger, en apnée, parfois des heures, des jours. Chercher ce contact si intime avec la seule rencontre qui vous apportera l’énergie juste pour avancer : vous.

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