Canada

Roadtrip du Québec à Toronto !

Pendant une année j’ai enterré la nomade que j’étais pour reprendre mes études. Il est vrai que je me suis expatriée au Canada, pourtant tout au long de l’année ma frustration n’a été que grandissante face à ce pays dans lequel j’habitais mais dont je ne connaissais rien. En un an, j’en ai moins découvert sur le Canada qu’en 8 mois en Australie, voire 5 semaines en Nouvelle-Zélande.

Impatiente, j’avais des envies de forêts, de routes, de randonnées, de liberté ! Mes chaussures – mes éternelles rose fluo – déjà prêtes à sillonner. Alors lorsque le mois de Mai est arrivé et m’a apporté mes deux amies françaises pour chasser le caribou au Québec, j’étais surexcitée de partir de nouveau à l’aventure ! De Québec à Toronto, en passant par Tadoussac, le lac Saint-Jean, la Mauricie, jusqu’aux chutes du Niagara, 10 jours au temps mitigé, mais à l’humour survolté !

Québec

Mes amies arrivent sous la pluie battante du printemps capricieux de Québec. Un an que j’habite dans cette ville j’aurais aimé avoir plus de temps pour leur faire découvrir mon petit bijou, mais je n’ai qu’une seule journée !

Nous arpentons les pavés du Vieux-Québec, de la rue Saint-Jean jusqu’au Petit Champlain. Bien sûr le château de Frontenac, sans oublier de rentrer dans l’hôtel ! Nous passons dire bonjour à mon amie qui est responsable d’un petit magasin magnifique, Lili & Olivia, qui vient d’ouvrir dans le Petit Champlain. De toute beauté !

Les plaines d’Abraham pour la vue incroyable sur le fleuve Saint-Laurent et pour cet havre de nature en pleine ville.

La Grande Allée et ses anciens manoirs. Nous déjeunons en haut de la plus haute tour de Québec, Le Ciel ! restaurant panoramique que j’avais déjà testé pour son brunch incroyablement bon en Décembre dernier ! La vue à ne pas rater !

On termine à Saint Roch pour prendre un thé accompagné de petits gâteaux chez Pékoe. Enfin, nous savourons les meilleurs cocktails de Québec chez Maelstrom (aussi de très bons cafés en journée).

Le lendemain, nous passerons admirer les belles chutes de Montmorency !

De la Baie-Saint-Paul jusqu’à Tadoussac

Nous roulons vers Baie-Saint-Paul et nous sommes déjà sous le charme. Les forêts qui s’étendent loin, les arbres arborant leurs verts naissants, le fleuve que nous longeons. Nous nous arrêtons dans cette charmante petite ville au bord du fleuve, les galeries d’art se succèdent, les restaurants aussi. Le soleil est au rendez-vous, c’est un vrai plaisir ! On fait un petit détour vers la Pointe-au-Pic où de très belles maisons surplombent la baie, à voir !

Puis, nous continuons plus au nord, jusqu’à atteindre le ferry qui nous fait traverser gratuitement pour atteindre Tadoussac. Notre première vue sur le Fjord Saguenay promet des merveilles. Nous arrivons dans l’auberge de jeunesse qui est le centre dynamique de la ville ! Nous partons de suite en randonnée sur le mont juste en face avant que le soleil ne se couche. Quasiment en haut du sommet, la vue est incroyable, les couleurs changent déjà au loin. Le fleuve serpente entre les terres vallonnées. Le calme est roi, le ciel dégagé pour toit. Dix petites minutes de méditation, de contemplation, de respiration. La nuit s’annonce et nous repartons rapidement, effrayées de nous faire prendre par l’obscurité sur un chemin un peu difficile et entrecoupé d’arbres tombés au sol. Ceci restera le plus beau moment de tout notre séjour !  

Fatiguées par notre longue journée, nous irons nous coucher à 23h sans savoir que cette nuit-là à 4h du matin des aurores boréales ont brillé au-dessus de nos têtes endormies. Le lendemain, nous irons chasser du regard les baleines au loin sur la pointe de la ville. Malheureusement pour nous, nous ne verrons que des écureuils bien habiles pour cacher leur nourriture de leurs congénères. Nous n’avons ni le temps ni le budget de faire une sortie en mer (90dol), tout en ayant qu’une très faible garantie d’en voir à cette période de l’année un peu précoce.

Fjord du Saguenay

Une journée entière à voir défiler sous nos yeux ébahis les monts et les collines, les arbres touffus formant des masses denses et épaisses toujours aussi apaisantes à observer danser. Le reflet du soleil sur les rivières, les cascades, les bras d’eaux. Les vues transversales dans le fjord. Les petits coins de forêt ou les villages où nous nous arrêtons pour apprécier ce petit paradis. Arrivées au Cap Trinité, il pleut des cordes, nous décidons de nous arrêter déjeuner sans renoncer à la randonnée qui nous a été conseillées. Le temps change vite ici, l’application MeteoMedia m’indique que la pluie sera partie le temps de manger. Elle ne s’est pas trompée, grand soleil, nous nous déshabillons de nos habits de pluie pour démarrer l’ascension vers le point de vue qui domine le parc national du Fjord-du-Saguenay.

Nous croisons un porc épic qui se balade, serein, sur le chemin. Un arbre qui m’a appelé du coin de l’œil, un peu dégagé sur le côté de la randonnée, au tronc fort et aux racines bien ancrées, la cime haute. J’en profite pour m’asseoir, dos contre dos, je chante en fermant les yeux une chanson d’une chamane des pays nordiques. Après 1h30 de montée, nous arrivons en haut. Nous nous laissons reposer sur la roche lisse et chaleureuse, la vue apaisante.

Nous roulons jusqu’au lac Saint-Jean, juste à temps pour profiter du coucher du soleil sur la plage. Nous visiterons la réserve amérindienne Mashteuiatsh et son musée très intéressant. Nous dormons à cette toute nouvelle auberge de jeunesse, la seule. Nous sommes quasiment les premières à y loger.

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Une autre française, voyageuse solitaire, nous accompagne ce soir-là. Discussions aux sentiments partagés. Entre envie de tout quitter et la peur d’échouer. Tout quitter, oui, mais pourquoi faire ? Sujets récurrents habités par des démons intérieurs que seul l’interlocuteur peut apaiser en vérité. Dialogue intérieur qui tourne en boucle, beaucoup de questions, peu de réponses, des émotions à vif qui l’empêchent de prendre une voie de sortie. La peur dans le regard, la peur dans les paroles, la peur dans son corps. Et son coeur qui bat à tout rompre. Rompre ce carcan qui la maintient dans une vie qu’elle n’a pas choisie. Qui écouter ? Que faire ? Comment le faire ? Pourquoi le faire ? Ces questions qui n’ont cessé de me hanter cette année. Trancher, fort et rapide. Trancher pour faire avancer la machine à raison. Trancher pour créer le changement. Prendre une décision et s’y tenir. Sauter et voir. Ne pas se laisser enterrer vivante.

Parc de la Mauricie

Il pleut, il pleut, il pleut. Entre deux averses nous avons à peine le temps de faire une petite balade, bouffées par les moustiques. Avec mes allergies, je commence à gonfler de partout. Quelques photos et on repart. Dommage pour ce parc qui promettait pourtant de beaux paysages !

Montréal

Nous rendons la voiture, et c’est parti pour les kilomètres à pieds. 20 et 35 par jour ! Montréal et ses quartiers nous charment, le Vieux-Montréal, le Plateau, Miles-End, le CBD. Le soleil est au rendez-vous, les dépenses dans les petits cafés et les restaurants fusent. Difficile d’être une backpackeuse raisonnable en ville… Bien sûr nous montons jusqu’au Mont Royal ! On nous conseille de déjeuner et/ou de visiter Venice Mtl, Tommy, et Crew Collective ! On adore ! En l’honneur du 375e de Montréal, la nuit sont projetées sur les murs des vidéos touchantes de l’histoire de Montréal. Magnifique soirée en compagnie d’une des participantes de ce projet qui nous fera une visite guidée rien que pour nous ! Emotion et savoir au rendez-vous ! Je me régale d’une glace à l’érable à Délices, et nous (re)découvrons la poutine de Frites Alors. Un petit tour au Musée de la Pointe-à-Callière pour une dose d’histoire supplémentaire (honnêtement, on s’est ennuyé…), par contre l’exposition sur les peuples d’ailleurs (Amazonie) était surprenante et sublime ! Nous étions logées au Samesun Montreal, très très bien situé !

Nous serions bien restées quelques jours de plus dans cette ville que j’ai aimé visiter avec mes amies. Jusqu’ici je n’avais pas été touchée par la dynamique de Montréal, j’ai changé d’avis ! Sous le soleil et en bonne compagnie, c’est une ville très appréciable, si différente de Québec – qui pour moi sera toujours la plus belle !

Toronto

Dernière étape de notre périple. Nous prenons le bus de nuit, une vraie galère, nous n’avons pas dormi de la nuit… Heureuses d’arriver à notre Airbnb dans le CBD avec une vue magistrale sur le lac ! Nous sommes plongées dans une toute autre atmosphère bien plus anglo-saxonne, américaine. Je suis assez désorientée… Je suis toujours au Canada, mais j’ai l’impression d’être en Australie. On parle anglais partout, l’esthétique de la ville s’est métamorphosée, les gens sont… désagréables au possible ! Alors qu’au Québec (en Australie aussi), les gens se précipitent pour nous aider, ici on nous répond à peine, on marmonne, on parle vite sans faire d’efforts, on nous ignore, pas un sourire. Des habitants froids et déprimés… la chaleur et l’accueil québécois nous manque terriblement. Paris n’a pas à rougir de son accueil, je n’ai jamais vécu quelque chose de similaire dans tous mes voyages !

La ville me rappelle Sydney, ses hautes tours, le bord du lac qui rappellent l’océan, le dynamisme des grosses villes, et la culture du corps typique des habitants sur les côtes balnéaires. Totalement différente de Montréal ! Le jour et la nuit ! J’ai une préférence pour Montréal, mais Toronto ne me déplait pas. Le petit Vieux-Toronto, King et Queen Street, la distillerie, Kensington Market. Dernier jour nous prenons le bus vers les chutes du Niagara, difficile de passer à côté sans les visiter. Très touristique certes, pourtant c’est une expérience amusante et impressionnante que je conseille de faire une fois dans sa vie. Avec le soleil c’est mieux 😉

 

Voyager avec une amie et une inconnue, un beau pari !

Sortons un peu de la liste des « choses à faire » typique du touriste/backpackeur. C’est toujours utile, pourtant, ce n’est pas dans mon habitude de faire des articles de la sorte. J’écris plutôt des récits de voyages intérieurs.

Pour la première fois, je suis partie avec une très bonne amie à moi, et l’une de ses amies d’enfance que je n’avais jamais vue. C’était un beau challenge, des caractères bien différents et pourtant je crois que ce fût l’une des expériences de voyage les plus légères et faciles que j’ai vécues ! Parce que prendre la route avec une amie, ça peut être enrichissant comme destructeur ! Ça réserve bien des surprises. J’ai pour habitude de dire qu’on ne connait réellement ses amis que lorsqu’on a voyagé avec eux. Je garderais en mémoire nos rires, nos fous rires, nos sourires ! Je me suis rarement autant amusée, parce qu’avec des inconnus (d’autant plus si la barrière de la langue nous filtre les nuances et l’humour) c’est parfois difficile d’avoir des « délires communs » sur plusieurs jours. Avec elles deux, l’alchimie était là. Tout était simple, facile, évident. On avait les mêmes envies, quasiment le même budget, la même façon d’envisager le voyage, au feeling en assurant un peu nos arrières pour les essentiels, tels que réserver la voiture ou le bus. On avait envie de profiter, de s’amuser, de découvrir. Le dernier jour, on s’est quitté le cœur serré. On aurait bien fait une semaine de plus !

J’admire leur flexibilité, leur lâcher-prise, cette façon qu’elles ont de laisser glisser les tensions parfois naissantes, de ne pas râler, de ne pas s’impatienter, de ne pas tenir rigueur d’un ton ou d’un mot de travers. Je m’aperçois que je suis difficile à vivre. Encore une fois. Je suis si loin d’être la voyageuse parfaite avec qui c’est facile de voyager ! Au début, j’ai du mal à me faire à cette nouvelle dynamique entre nous trois. Je suis restée quasiment une année seule. J’ai dû refaire mon réseau social, c’est long parce qu’au quotidien – en dehors du voyage – les rencontres sont ponctuelles, parsemées dans le temps, et la force de l’amitié, du lien qui lie deux personnes est graduelle. Dans ce roadtrip, j’ai été projetée sans préambule dans une relation 24/24 avec une amie et une inconnue. Au début, j’avais souvent envie de me retrouver seule, puis doucement je me suis laissée toucher par notre lien.

Faire un voyage avec des amis, ça passe ou ça casse. Ça laisse des souvenirs pour la vie, des mots, des phrases, des expressions, des moments que seules nous pourrons comprendre à l’avenir. Ça rapproche. Je suis partie avec une amie et une inconnue, je suis repartie avec deux amies, deux voyageuses avec qui partager mes prochaines destinations !

Je m’envole pour Vancouver, seule, sans savoir avec qui partager mes prochains instants de baroudeuse. La nature sera là, et ça me réconforte. J’attends les paysages de la côte Ouest depuis un an, je n’ose même pas imaginer ce qui m’attend !

 

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Pour plus de photos et de vidéos, suivez-moi sur Instagram et Snapchat @marionswar 😉

Mon livre sur mes récits introspectifs de voyage, ou comment le voyage nous transforme et nous fait grandir, disponible ici !

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