Canada

#Canada, premières sensations d’une expat

Vulnérable. Instable. Perdue. Inconstante. Déçue. Grincheuse. Fatiguée. Irritée. Chagrinée. Seule.

Renouveau. Découverte. Intriguée. Surprise. Dans l’attente. Mobilisée. Organisée. Décidée. Sociable.

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Je suis arrivée à Québec Ville balancée par toutes ces sensations, émotions, envies, éléments. Heure par heure. Jour après jour, je suis passée d’un état à un autre. Du rire aux larmes. De la surprise à la déception. De la confiance à la défiance. Du dégout à l’émerveillement. Définitivement, ce départ rien à voir avec celui pour l’Australie et mon année de voyages dans le Pacifique. Partir étudier/vivre et partir voyager, deux concepts que l’on pourrait penser similaires – ça reste un départ à l’étranger – sauf que dès le commencement j’ai senti que je le prenais d’une manière tout à fait différente. Chaque départ reste unique et dépend des raisons qui nous poussent à partir et des moments de notre vie.

Vous auriez vu ma tête lorsque la voiture s’est avancé sur ces autoroutes énormes qui accueillent les gros 4×4, ces maisons parfaitement similaires alignées les unes après les autres, avec leur petite parcelle de pelouse impeccable, aux pieds des rues qui ressemblent davantage à des voies rapides ou des avenues de chez nous… Tout bien calculé, propre, rien qui dépasse, rien à redire. La petite vie parfaite américaine. J’ai pensé « Remettez-moi dans l’avion, je me suis complètement gourée… ! » Quelle déception pour la fille urbaine que je suis. Il faut que j’arrête de me mentir, c’est très limpide à présent, Paris m’a éduquée à une vie qui se fait à pieds, de proximité et de facilité, où tout est à portée d’enjambées. Très loin de moi l’idée de vivre les chaussures sur les pédales d’une voiture pour aller chercher une bouteille de lait… Ou bien, alors il faut que ça en vaille le coup, c’est-à-dire une maison complètement isolée de toute civilisation, au cœur des forêts avec vue sur un lac ou une chaine de montagne. Les extrêmes. Les centres-villes ou les campagnes. C’est non négociable. Je ne suis pas une fille qui joue dans les demi-mesures, qui se baigne dans l’eau tiède. Après l’avantage ici, c’est qu’il y en a pour tous les goûts et tous les modes de vie. Dès la première journée, j’ai clairement vu le métissage des cultures européenne et américaine d’une façon très nette. Au Canada, la vie en centre-ville est possible, tout comme dans les quartiers plus reculés du centre et davantage résidentiels, tout comme la vie en pleine nature.

J’ai eu la chance d’être accueillie par la jeune femme qui va commencer son doctorat en même temps que moi, avec la même directrice de thèse. Elle a déjà passé un an et demi ici pour ses études, et ne se voit pas une seconde retourner en France. Elle et son fiancé font d’ores et déjà construire leur maison à Québec. C’est impressionnant de voir à quel point tout peut aller vite ici, si on le souhaite. Les opportunités semblent être très nombreuses et à saisir de toute urgence. C’est beau de voir ce jeune couple s’accomplir et s’épanouir dans leur vie, en alliant ce challenge de vivre à l’étranger, de partir à deux avec tout à reconstruire, avec leurs ambitions respectives et leurs rêves en commun, avec cette énergie démentielle dont ils font preuve. En les rencontrant et en vivant avec eux pendant cette première semaine, j’ai pu puiser au quotidien dans leur détermination, leur force, leur courage, leur dynamisme, leur union, leur générosité, qui faisaient souvent contraste avec mes propres sentiments. Ce fût difficile et ressourçant.

Je ne vais pas vous mentir, les premiers jours j’ai pleuré tous les jours. Mes sens développés à l’extrême, ma sensibilité à fleur de peau, un chamboulement interne incessant, une vulnérabilité intérieure déstabilisante. Comme si on m’avait retourné. Sans racine. Sans référence. Rien ne me ressemble ici. Rien ne m’appartient. Rien ne me parle, ne me rappelle quoique ce soit. Rien ne fait partie de moi. Tout est inconnu. J’évolue dans cet environnement comme dans un corps étranger. En étant moi-même ce corps étranger pour ce pays. Très rapidement une réaction presque biologique entre le corps connu et le corps inconnu s’opère en moi : répulsion. Eliminer l’« étranger » qui se trouve être tout mon environnement. Je ne comprends pas comment ça peut être aussi compliqué et long de se rendre d’un point A à un point B en bus. Je ne comprends pas la différence d’architecture entre le Vieux-Québec et les autres quartiers, je ne conçois pas que des individus aient pu construire ce genre d’habitations au style très US juste à côté d’un centre historique aussi charmant qu’authentique. Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas de trottoirs pour les piétons dans ces quartiers, que tout se fasse en voiture. Je trouve tout ça d’une laideur sans nom. Pas logique. Pas pratique. Bref, pas fait pour moi.

S’ajoutent les tâches administratives, la paperasse, l’attente, les trajets interminables en bus pour s’y rendre où je me perds une fois sur deux. La sécurité sociale, l’assurance sociale, la banque, l’inscription définitive à l’université, l’abonnement de téléphone et celui de bus. Tout ce que l’on fuit lorsqu’on voyage, tout ce qu’on n’est pas obligé de faire. Tout ce qui est chiant et qui nous empêche de vivre le voyage, de profiter de cet inconnu sous ses meilleurs attraits. Ah mais oui, au fait, je ne suis pas en voyage. Je suis ici pour étudier, faire un doctorat, pour une durée indéterminée. Quatre ans dit mon visa. Je suis ici pour reconstruire un quotidien, créer une autre vie de l’autre côté de l’océan. Tout reprendre de zéro. La vie sociale, les habitudes, les certitudes, la nourriture, les transports, le système économique, éducatif et légal, la langue, les comportements, tout ce qui constitue pièce par pièce notre quotidien sans que l’on s’en aperçoive, même les choses les plus insignifiantes comme faire ses courses, il faut faire table rase. Ici, je ne sais rien. Je ne connais rien.

Puis, bien sûr, trouver un appartement en colocation. Enchainer les visites, se perdre dans les rues, mélanger les horaires de deux rendez-vous, visiter des sous-sols sombres qui sentent l’humidité parce qu’ici les propriétaires aménagent tous les espaces de vie pour recevoir des étudiants, croiser les personnes habitant déjà dans la maison qui t’adressent à peine un regard, super l’ambiance… Visiter un appartement à deux pas de l’université, avec une étudiante québécoise super, rêver de cet appartement et finalement ne pas être choisie pour habiter ici. Puis, se faire à l’idée que de toute façon je ne me vois pas habiter dans ces quartiers résidentiels proches de l’université, et élargir mes recherches en centre-ville quitte à avoir 30 minutes de bus pour aller à la fac. Pour finalement trouver l’appartement parfait proche du Vieux-Québec, accepter dans l’heure, tellement désespérée par les visites précédentes, tant pis pour le prix trop élevé…

Ma famille me manque, mes amis me manquent, leur affection, leur joie de vivre, nos échanges, mon quotidien, ma stabilité, la dynamique de Paris où tous les évènements de la rentrée s’affichent déjà sur mon Facebook… Je me demande ce que je suis venue chercher ici. J’en ai assez d’entendre que je devrais être contente et apprécier le moment que je vis sous prétexte que moi je suis à l’étranger et que beaucoup rêvent d’être à ma place. Pourquoi faudrait-il que ça soit mieux à l’étranger et que par conséquent je n’ai pas le droit de trouver telle ou telle chose non-adaptée pour moi, et que ça ne me rend pas heureuse d’être ici ? Pourquoi faudrait-il toujours baver sur les gens qui s’en vont vivre ailleurs ? Pourquoi rêve-t-on toujours des pays lointains en les idéalisant comme si chez nous c’était le dernier pays vivable sur la liste ? C’est énervant. J’ai l’impression de sans cesse chercher ailleurs quelque chose que j’ai déjà chez moi. Que ces prises de distance avec mon pays m’apportent et m’apprennent beaucoup, mais qu’elles me rappellent inlassablement et de plus en plus clairement d’où je viens, et que finalement c’est plutôt très bien. Pourquoi on oublie que la moitié de la planète nous envie nous aussi ? Que la France est un pays riche, développé, qui porte une histoire de plusieurs siècles en ses paysages, villes, habitants, qui porte un savoir-vivre et un savoir-être ancestrale, qui a une culture, une architecture, une gastronomie, un luxe enviés sur tous les continents, puis de beaux projets d’avenir aussi, des jeunes qui se démènent, qui y croient, qui bossent dur, qui inventent. Alors oui, tout n’est pas parfait, on a parfois l’impression de se casser la gueule, de s’enliser, de perdre la tête et les pédales. Et tant mieux si certains trouvent leur place à l’étranger, si cela leur correspond mieux, mais j’ai peur qu’on oublie que le bonheur peut aussi se construire sur nos terres, avec nos racines. Je n’ai pas envie qu’on me répète qu’ailleurs c’est mieux. Ailleurs c’est différent, et ce n’est pas fait pour tout le monde. Ailleurs c’est différent et on devrait pouvoir apprendre les uns des autres, s’inspirer, grandir, s’épanouir ailleurs pour un instant, et vouloir retourner chez soi – si on en ressent le besoin – sans avoir honte, sans le vivre comme un échec.

Finalement, je ne sais absolument pas ce que je vais trouver ici, comment vont se dérouler les choses, peut-être que je vais finir par trouver ma place, mais ce sentiment puissant qui me ramène vers chez moi me rappelle qu’ici je vais avoir l’opportunité de puiser dans d’autres savoirs, d’autres façons de voir le monde, mais qu’il n’est pas impossible que ça soit une étape de plus sur mon chemin, un chemin qui peut me ramener vers mon pays sans avoir à rougir. Désormais, à chaque nouvelle destination, j’ai cette sensation de ressentir sous mes pieds la terre qui m’a fait naitre et grandir. Beauté, respect, humilité d’une nation qui est la mienne.

Une fois la première semaine passée, j’ai eu l’occasion d’aller visiter deux parcs nationaux proches de Québec : le parc de la Jacques Cartier et le Mont Tremblant. La nature y est dense et voluptueuse. Etendue à l’infini de verts. Cieux étoilés habités par des lumières dansantes. Animaux omniprésents se cachant dans les feuillages. Le silence paisible et intense. Rien que la Nature qui s’exprime dans les branches des arbres. Respirer. Admirer. Ecouter l’eau qui coule timidement des rivières, puissamment des cascades. Me perdre seule sur les chemins à peine balisés. Chanter des airs indiens. Chercher du regard un ours, puis se mettre à stresser. Ne pas croiser leur chemin, heureusement. Me souvenir que l’Univers est grand. Me souvenir que la Beauté est partout. Me souvenir que je suis vivante. Souffler. Contempler. Tenter de me reconnecter avec l’extérieur, avec l’intérieur. Difficile. Frissons. Larmes aux yeux. Pendant une semaine, j’ai perdu cette flamme de vie inconditionnelle en moi. J’ai perdu cet océan d’espoir, de confiance, d’éclat, d’amour. J’étais tellement perdue. Désalignée. Ballottée d’une maison à une autre, d’un environnement à un autre, avoir cette impression de ne pouvoir compter sur personne d’autre que sur moi-même. Me retrouver dans des moments de galère et de solitude immenses. Tout en sachant qu’il y aura toujours une solution, que je suis en sécurité physiquement bien sûr, mais en éprouvant ce sentiment affreux d’être seule au monde. Personne d’autre que moi avec qui naviguer dans les eaux troubles et agitées. Après tout, c’est ce que j’ai toujours recherché cette instabilité qui me met dans des états impossibles. Repousser mes limites, sortir de ma zone de confort, me faire violence face à l’inconnu, ressentir ces émotions qui ne savent qu’être fortes et absolues chez moi.

Puis, lentement, jour après jour, les évènements me poussent à retrouver de la stabilité et de la tranquillité. Me poser quelques jours dans un endroit qu’à moi. Rencontrer d’autres étudiants. Echanger. Sortir. Faire la fête. Doucement, tout prend forme. S’aligne de nouveau. Patience. Reconnaissance. Indulgence. La tempête se calme, l’océan reprend sa forme paisible, le soleil réchauffe de nouveau. Les nuages se dissipent et je peux entrapercevoir avec contentement le chemin dans lequel je m’engage non sans appréhension mais avec confiance et fierté. Un petit bout de chemin à suivre…

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5 réflexions au sujet de “#Canada, premières sensations d’une expat”

  1. Ton texte est très bien écrit. Je voudrais juste faire quelques remarques 🙂 Quand tu parles de ton expérience au Canada, je pense qu’il faudrait exprimer plutôt ton expérience dans une province du Canada voire même dans une des villes de cette province. Je m’explique : Il y a une très grosse différence (sur pratiquement tout) entre la ville de Québec et Montréal (ou Matane ..) Sur le papier, la ville de Québec à 600 000 habitants (avec les villes aux alentours) mais en Amérique du nord .. c’est presque considéré comme un village, soyons gentil, une petite ville. Alors Qu’en Europe, c’est une métropole. (Bordeaux à 600 000 habitants par exemple). Tu ne retrouveras pas la même chose dans des villes telles que Paris, NY, Tokyo ou bien Montréal, Chicago, Lyon, Melbourne etc .. ) Avec ca, le Canada est un pays tellement immense, que tu n’as pas qu’une seule culture, mais plusieurs cultures dans ce pays continent. J’ai vécu 2 ans à Vancouver, sur la côte Ouest et je vis à Québec depuis 1 an. Québec et Vancouver, c’est comme deux monde totalement différent. Par exemple : 60% des habitants de Vancouver sont d’origine asiatique ou asiatique tout court. La culture asiatique y est très très présente. Tu as une culture plus tournée vers l’environnement, les gens sont très différents de la ville de Québec. Tu n’as pas d’autoroute dans la ville ou aux alentours de la ville comme tu peux en avoir à Québec ou Montréal. Les restaurants sont bien moins chers qu’a Québec ou Montréal et tu en trouves des milliards! C’est une des villes, avec Bangkok par être réputé pour sa nourritures. (restaurants, food trucks, nourritures de rue ect..). Bref, c’est deux mondes totalement différents dans un même pays. Ce que tu ressens là, tu ne le ressentirais pas de la même manière à 8000km d’ici, sur la côte Ouest. Je peux rajouter aussi qu’ici l’hiver il fait -20 alors qu’a Vancouver tu es dans les 5 à 10degres et je pense qu’une personne ayant vécu à Vancouver et Calgary te dirait la même chose entre les différences de ces deux villes. Il y a de très grosses différences, trop importantes pour pouvoir globaliser et parler d’une seule expérience canadienne.

    Pour ce qui est des trottoirs, j’étais un peu surpris de ton commentaire. Je ne connais pas trop Paris, mais à Bordeaux .. les trottoirs sont vraiment tout petit et mal entretenus, avec des voitures se trouvant fréquemment dessus sans compter les cacas de chien. 🙂 Ce que j’aime ici, c’est ce que tu n’aimes pas. La nature, l’espacement des immeubles et maisons ect .. Par contre, tout comme toi, je trouve la ville trop petite. (Son centre est vraiment petit) Montréal ou Vancouver sont de meilleurs choix pour des gens comme nous. Et les restaurants sont super chers ! Pour de la cuisine pas tip top..

    En France, nos villes manquent d’espaces verts, d’arbres. Mais si tu cherches une ville avec un patrimoine culturelle européen, tu ne pourras pas trouver ça en Amérique du Nord.

    Et tu as raison, la ville de Québec est une ville ou la voiture est reine. Mais cette mentalité là et ce type de ville ne représente pas toutes les villes du Canada. Je t’assure, à Vancouver, le piéton et cycliste est roi. Tu peux aller skier ou faire de la randonnée dans les montagnes environnantes en prenant simplement le seabus et le bus de ville. (avec seulement ton abonnement mensuel, ou un ticket) et aller faire du surf ou te baigner sur les plages sans utiliser ta voiture mais en utilisant le skytrain et les bus ou en marchant. Et bien sûr, faire du vélo dans la ville ou sa banlieue sur les très nombreuses pistes cyclables. Par contre, pas de vieux bâtiments à Vancouver, son centre est hyper moderne (type Hong Kong)

    PS : tout cela est juste mon point de vue 🙂 (Et oui, je fais pas mal de pub pour la côte Ouest ahah)
    Ton blog est très intéressant, bonne séjour ! 😉

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  2. Mince j’avais laissé un commentaire, mais celui-ci n’a pas été publié je crois que ça n’a pas fonctionné !
    Bref je disais, je suis tombée sur ton blog complètement par hasard, je cherchais des témoignages d’autres d’expats comme moi …
    Et à la lecture de ton article je ne peux que confirmer tout ce que tu décris si bien …
    Suite à mon installation en Allemagne je n’ai pas pleuré tous les jours, mais j’ai quand même bien été à fleur de peau … Bon certes, c’était peut-être plus facile pour moi, je connaissais le pays plus ou moins, et puis ce n’est pas l’Atlantique qui me sépare de mes racines mais le Rhin … (Ça fait donc un peu moins loin)
    Je me suis à maintes reprises demandé comment j’allais faire dans un pays où je ne maitrisais pas la langue, et comment j’allais rentrer chez moi aussi souvent que je le voulais car il y a tout de même 1400km qui sépare la mer du nord et ma Provence natale …
    Mes beaux champs de lavandes, la chaleur, le ciel bleu, les cigales, sans parler de la gastronomie …
    Et aussi, en reprenant ce que tu décris si justement les soirées de mes amis et les évènements Facebook auxquels je ne peux plus participer …
    Cela à été un peu dur oui. Peut-être pas tout de suite car à mon installation jetais complètement excitée … Et puis j’ai eu quelques périodes de mou, où je n’apprenais pas l’allemand assez vite à mon gout, et où les 15 jours de grisailles en continue pesaient sur mon moral …
    Mais petit à petit, j’ai fait mon nid comme on dirait … Jai réussi à reconstruire ce que j’avais chez moi, chez nous en France …
    Heureusement j’ai pu compter sur le soutient de mon homme au quotidien … (C’est d’ailleurs lui la raison de mon expatriation), et ma famille qui m’envoyait régulièrement des fromages par la poste comme pour me témoigner de leur solidarité … Apres tout tu le sais comme moi, les fromages exotiques on n’en trouve pas partout …
    Bref, un long commentaire de ma part, tout ça pour dire que je trouve que c’est un bel article que tu as écrit la … Tu as su choisir les mots adéquats …
    Et ton blog, une pure merveille … Une invitation à l’exotisme !

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