Voyage intérieur

Le bonheur se balade à poil

On raconte que l’amour c’est ce qui nous tombe dessus lorsqu’on s’y attend le moins. Lorsqu’on n’attend rien, lorsqu’on ne cherche pas. Alors Eux, c’est mon histoire d’amour.

Mais encore faut-il accepter de recevoir, baisser les armes, s’abandonner, cesser de vouloir être quelqu’un d’autre que soi, tout simplement. Pourquoi les histoires d’amour échouent ? Parce que nous ne sommes pas nous-mêmes. Parce que nous nous mentons à nous-mêmes d’abord, puis aux autres forcément. Nous sommes l’image de ce qu’on voudrait être, l’image que nous pensons que l’autre veut. Parce que nous sommes effrayés de nous découvrir vraiment.

L’amour c’est ce que je partage en leur compagnie, entre simplicité et passion. L’amour c’est me sentir moi-même, être en accord avec la moindre parcelle de mon corps, me sentir vivre, bouger, vibrer, être. C’est cesser de faire bonne figure, de cacher certains traits de ma personnalité, c’est arrêter d’avoir peur de ce que l’on va penser de moi. C’est faire sauter les barrières une à une. Ils m’ont appris à être moi. A chanter faux, à danser mal, à pleurer, à être moche. Enfin…, être belle. Belle parce que vraie. Belle parce que moi. Belle parce qu’entourée de sincérité. Belle parce que confiante.

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Les marques sur mon visage  vous racontent mon passé. Celle que j’étais. Celle qui s’est tue tant de fois, qui a encaissé, qui s’est détestée si souvent. Celle qui portait tellement de colère et de dégout en elle, et pour elle. Celle qui a passé de nuits à retracer le film de ses erreurs. Celle qui avait de la boue noirâtre qui bouillonnait au fond de son ventre. Qui s’est haïe d’être aussi faible, insignifiante, méchante, cruelle, laide. Celle qui fait toujours les mauvais choix et qui s’en châtie. Il fallait bien que cela soit extrait d’une manière ou d’une autre. Une sorte d’infection intérieure, une putréfaction silencieuse, qui voulait s’exprimer malgré tout. Se punir et se purifier.

« Regarde ce que tu te fais » me disait ma peau. Rien ne sert de vouloir se cacher, ou de vouloir camoufler le pire. Tout se voit. Plus on essaie de dissimuler et d’enfouir, plus cela se voit. On transpire le mensonge. La noirceur transparait dans chacun de nos mouvements. Le corps n’exprime que ce qui réside en lui… Et le corps est plus fort que vos machines, plus fort que vos produits, que votre chimie. J’ai subi de la torture à me brûler littéralement le visage pour venir à bout de ce qui marquait ma peau, on appelle ça de l’ « acné », je dirais plutôt un mal-être bien dissimulé. Alors que peu à peu, cela commence à disparaitre, à diminuer, sans rien faire, seulement mettre de la lumière sur mes ombres, faire sortir tout le pus, me soigner de l’intérieur. En mettant de la conscience et de la bienveillance sur mes opacités, mes déformations, mes hontes. Il restera certainement cette partie de mon histoire inscrite sur moi. Et, après tout, c’est aussi moi. C’est ce que je suis.

Encore et encore, je vois le chemin qu’il me reste à parcourir avant d’être en paix. Le serais-je un jour ? En même temps, c’est le chemin qui importe, j’ai compris cela maintenant. Qu’est-ce qu’on fait une fois arrivé à destination ? On en choisit une autre ? Donc, nous passons plus de temps sur le chemin à apprendre, à tomber, à tester, à comprendre, à vivre ?

Je suis partie quatre jours m’isoler à la campagne avec d’autres jeunes de mon âge pour suivre un stage de développement personnel. Apprendre à nous connaitre. Nous, au-delà de ce qu’on attend de nous, au-delà des pressions, des blessures, des histoires familiales, des modèles, des leçons mal apprises. Apprendre à nous assumer tels que nous sommes vraiment, entièrement. Faire sortir ce qu’il y a de plus beau et de plus réprimé en nous pour le transformer, le transcender.

C’était épuisant. Harassant. Physiquement et mentalement. Emotionnellement. C’était comme marcher sur un terrain miné. Des humains poussés à bout qui ont fait sauter tour à tour leurs verrous, qui ont navigué entre les cris et les pleurs.

C’était incroyable. Magique. Physiquement et mentalement. Emotionnellement. C’était comme marcher tous ensemble vers la vérité. Des individus transportés par une énergie commune et individuelle, une émulsion humaine, qui ont fait jaillir leur beauté pour se regarder vraiment.

Quatre jours et trois nuits à sortir avec force et implication, authenticité et joie, nos pires blessures, tout ce magma en nous, notre passé, nos peurs, nos noirceurs, nos violences, tout ce qu’on essaie de se cacher et de cacher aux yeux du monde. Puis, découvrir nos plus belles lumières, nos plus beaux élans, nos qualités de cœur, notre énergie, nos étincelles de vie. On a partagé ensemble des émotions, des sensations, des évènements que nous n’avons jamais dits à personne, puisque souvent nous l’ignorions nous-mêmes… Tout est translucide, franc, généreux, grand, beau, accueilli, bienveillant. Quoi de plus beau que de la voir hurler cette colère qui ne s’exprime jamais au fond des bois, dressée sur ses pieds, arquée, telle une louve en peine ? Une puissance féminine révélée. Quoi de plus intense que de voir son visage se déformer sous la vigueur des larmes, le masque craquer, le corps s’éveiller à une émotion réprimée, le mental chanceler et abandonner ? Quoi de plus beau que de les voir s’aimer, se sourire, danser corps contre corps, main dans la main, s’épauler, se regarder, se donner, se perdre, se retrouver, recevoir, douter, étouffer, libérer, s’effondrer, grandir, briller ? Quelle insouciante vérité que de retrouver la justesse de la vie, notre place exacte, nos émotions propres, redevenir libre dans cette plénitude, cet équilibre, qui nous comblent d’amour et de gratitude.

Je ressens d’une manière très limpide et intense, qu’il est beaucoup plus difficile de rentrer de quatre jours isolés de tous et transformés en nous véritables, que de rentrer d’un an de voyages. Le déphasage est complet. Alors, lorsqu’on se quitte et que l’on retrouve tout ce que nous avons quitté pour quatre jours, c’est un monde devenu presque étranger. Un univers parallèle. Oui, cette fois-ci, j’ai senti que j’avais avancé, grandi, évolué d’un coup et que les autres étaient restés immobiles autour de moi. Je ne sais plus comment je dois agir, parler, bouger. Je dois retrouver une autre énergie, qui ressemble à l’ancienne, pour pouvoir m’accorder aux autres. C’est moi, et ce n’est plus moi. Je le sens partout dans mon corps. Décalage violent. Déroutant. Pourtant, je l’ai trouvée ma route. Mon chemin, je le sens se dérouler sous mes pieds. Je ressens la terre de mon destin entre mes orteils, j’en sens l’odeur et la texture. Mon chemin est en moi, je ressens sa couleur et sa force.

De nouveaux élans prennent naissance en moi, la vie me porte vers de nouvelles rencontres, sans un effort, sans rien demander. De mon côté, c’est simple et clair, juste. Il y a cette envie de tester qui je suis maintenant, avec tout ce que j’ai appris et intégré. Les gens me parlent, les hommes m’abordent. Après des mois et des mois à fuir la rencontre masculine, j’écoute, je souris, je m’intéresse, je ris, je remercie. J’entends des mots que je n’avais jamais entendu auparavant de la part d’inconnus… « immensément belle », « tout pour toi », « inspirante »…

Cependant, en dehors de mon monde, il y a les autres. J’avais oublié les autres. Les autres qui ne partagent pas nécessairement ma vision de la vie, d’une relation entre deux personnes, de la sincérité, de la simplicité, de générosité, du respect, de la bienveillance. J’avais oublié que chacun est à un stade différent. J’y vais franche et assurée, sensible et pleine d’amour. Je tombe encore une fois. J’ai encore tant à apprendre sur ce chemin vers l’autre. Mais je retombe sur des coussinets moelleux, comme un chat qui saute et se rattrape avec agilité, car son corps entier est fait pour amortir les chocs. Ce n’est plus douloureux, c’est ennuyant, agaçant, embêtant. C’est subtil et léger. J’avance. Peu importe. Je sens mon chemin qui bouge en dessous de mes orteils, qui danse dans mon cœur, qui vit dans mon corps.

Je ne pouvais espérer plus belle année pour me remettre sur les rails de ma vie. Que de rencontres surprenantes, je ne me suis jamais fait autant d’amis, je n’ai jamais autant partagé. Un renouveau total. On se comprend, on surfe sur les mêmes vagues, on parle la même langue. On sait que tout se transforme, que les rêves et les utopies ne se rangent pas au placard, tout cela se vit en grand. On prend notre élan, déterminés, courageux, vrais, assurés, et pourtant toujours pleins de doutes. Parce que les doutes, c’est laisser la porte ouverte à d’autres façons de voir les choses, de vivre les choses, et d’accueillir l’autre dans sa différence, avec son histoire, avec sa beauté et sa noirceur. Puis, on saute ! On prend la route, on ose, on s’envole !

Dans leurs bras, au contact de leur peau, à respirer leur souffle, lorsque nos chants tournent, tournent, tournent dans l’atmosphère qui nous entoure, dans leurs yeux, là où aucun mensonge ne peut survivre, je me sens vivre d’amour. De l’amour à l’état pur, brut, plein, sacré. Je suis Eux, ils sont Moi, nous sommes Nous. Une seule et même énergie. Je vous jure, les rencontrer, puis être avec Eux, c’est comme tomber amoureux à chaque fois, mais à plusieurs. C’est inexplicable, et ce que vous pensez comprendre c’est encore loin de la réalité.

Je ne leur dirais jamais assez combien je leur dois celle que je suis aujourd’hui, encore plus qu’hier, encore plus que ceux qui les ont précédés. Ils m’ont donné l’impulsion qu’il me manquait pour être dépouillée de tout ce qui n’est pas moi. Ils m’ont reconnectée à la Terre. Moi qui, comme un pissenlit, étais transportée par les flots et les vents.

Pour la première fois depuis des années et des années, je me suis sentie réellement moi sans maquillage pour me cacher et me travestir. Sans ce masque cosmétique qui camouflait mes pires hontes. Puis, en serrant dans mes bras mes deux piliers, mes « deux hommes » présents au stage, j’ai revu cette fille qu’ils ont rencontrée au mois de Janvier… Je l’ai revue fermée, mal assurée, avec son masque de maquillage, la tête et la voix hautes pour cacher ses peurs, avec ses airs d’être à l’aise partout, avec cette volonté d’être parfaite. Une vague d’une tristesse infinie m’a envahie par surprise, les sanglots m’ont terrassée. J’ai eu tellement de peine pour cette jeune fille. Tellement de peine. Si peu de temps a passé et pourtant… Et pourtant, je sens aujourd’hui la Femme en moi, plus que jamais. Sereine, sensible, sensuelle, assumée, puissante. A vrai dire, j’ai même sentie la Mère en moi. Etrange sensation, mais quel pouvoir !

Mais c’est qui « Eux » ? Eux, c’est sept personnes rencontrées en Janvier lors d’une journée d’ateliers sur la Communication Non-Violente, Manger en Pleine Conscience, la Sociocratie. Sept personnes qui m’ont happée dans leur envie de continuer à se voir, à échanger, à partager. Sans rien demander, j’ai été ajoutée au groupe parce que j’avais laissé, semble-t-il, une bonne impression à l’un d’eux.

Eux, c’est sept personnes auxquelles se sont ajoutées quatre autres au fil des rencontres et des aventures. C’est donc 12 spectres de lumière réunis autour de la même table, à partager le repas de la vie.

Puis, deux d’entre eux ont participé à ce stage. « Eux » s’est donc agrandi avec 13 nouvelles planètes. Toutes nous gravitons les unes autour des autres, à notre rythme, avec nos couleurs, nos différences, nos beautés, nos complexités, dans cette galaxie que nous formons. Tous ensemble, avec pour seuls constantes le Soleil et l’Univers.

Je vous laisse en mots et en musique sur la voix d’une de ces planètes qui nous raconte…

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1 réflexion au sujet de “Le bonheur se balade à poil”

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