Roadtrips en Australie

#Roadtrip Great Ocean Road-Wilsons Prom

Nous revoilà partis sur les routes avec, cette fois-ci, une voiture louée 700$AU la semaine. Autant dire que le choix du lift (covoiturage) est bien plus économique ! S’est intégré à notre duo un français, Max, rencontré à Melbourne. Nous voulions tous trois explorer les alentours de Melbourne qui promet des merveilles !

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Wilson Promontory

Armés de notre Toyota berline coiffée d’une tente sur le toit, nous avons pris la direction de la Great Ocean Road. Grande route de plusieurs centaines de kilomètres longeant la côte Ouest de l’Etat du Victoria. Le temps n’était pas de notre côté, nous avons slalomé entre les nuages, la pluie et le vent. Que les nuits ont été froides sous notre petite tente et les journées couvertes dans nos manteaux, winter is coming ! Nous avons d’autant plus apprécié les moments d’accalmie où les rayons de soleil nous réconfortaient dans notre course effrénée vers les plus beaux paysages du Victoria.

La Great Ocean Road ressemble énormément aux routes que l’on peut trouver en Corse, tortueuses et offrant une vue magnifique sur un océan dynamique et une montagne paisible. Arrivés aux Twelves Apostles, il faut s’arrêter tous les 2kms tellement les lookout sont nombreux et impressionnants. La roche orangée s’est séparée de l’île-continent pour créer des ponts, des îlots, des grottes et des monstres de pierre que l’océan vient frapper encore et encore. Nous nous sommes arrêtés dormir dans un camping entre deux grandes villes où les kangourous dorment à nos pieds. Nous pouvons les observer brouter l’herbe le soir au coucher du soleil et le matin à l’aube, ils sont des centaines. Un chemin mène vers un lac, au loin on entend la mer. Pour la première fois, sans l’avoir vu arriver, j’ai vu un kangourou me couper la route de ses bonds agiles à peine 3 mètres devant moi. La nuit, le ciel nous offre une lune pleine et des millions d’étoiles à contempler avec stupéfaction. Bon, le désavantage des kangourous partout en liberté ce sont les crottes qui jonchent le sol et qui collent sous les chaussures !

Nous avons rencontré un couple de français qui à 29 ans a décidé de se donner une année sabbatique pour voyager ensemble. Tous deux ont de bons postes en France qu’ils ont gentiment mis entre parenthèses avec les encouragements de leurs supérieurs. Ils viennent d’Asie pour repartir en Amérique. Cela me donne la preuve, encore une fois, que nous avons le choix de décider quoi faire de notre vie, à n’importe quel moment, à n’importe quel âge. Parfois la chance fait que c’est plus facile, mais pour provoquer cette chance il faut déjà prendre la décision de partir, de mettre en œuvre ses rêves et ses ambitions. Nous avons également rencontré un duo d’autres français, deux garçons, devant leurs écrans d’ordinateurs équipés de leur souris de grands joueurs, de multi-prises, de casques et du dernier jeu en réseau. L’un rentre en France bientôt et semble ne pas avoir trouvé ce qu’il cherchait ici, entrainé par son copain qui ne peut pas se passer d’internet une soirée, et qui préfère rester à l’intérieur à jouer. On rencontre tous types de personnes en Australie, on ne se comprend pas toujours bien tant nos objectifs et nos personnalités sont différents.

Un exemple qui nous confirme bien que l’on peut être ami, très bien s’entendre pendant les soirées et dans nos activités urbaines, mais pas forcément être compatibles pour voyager ensemble. J’ai compris toute l’ampleur de ce que veut dire « voyager avec quelqu’un » lors de ce road trip. Nous avons chacun des attentes, des hobbies, des processus de réflexion et d’action qui diffèrent, et qui peuvent très bien faire un joli mix amical, mais pas pour autant des compagnons de voyage optimum. C’est donc faux de dire que l’on voyage avec ses amis et que par conséquent que c’est facile. Cela n’en fait pas moins quelqu’un de très appréciable, avec des qualités et des défauts comme tout le monde, et avec qui on peut être très proche dans d’autres contextes. Je sais à présent que la plupart de mes amis les plus proches ne seront pas nécessairement mes meilleurs compagnons de voyage ! Voyager ensemble, il faut bien réaliser que c’est être 24h/24 ensemble, 7 jours sur 7, pas de moments de répit, de silence et de solitude, peu de décisions pour soi-même. C’est souvent des concessions, des frictions, il faut savoir mettre de côté ses envies et son égo parfois, il faut savoir gérer les hauts et les bas. Quelque chose de difficile pour moi qui m’ennuie vite, qui a besoin de me retrouver seule dans ma bulle très souvent, qui a l’habitude de passer vite à autre chose lorsque la situation ne me convient plus tout à fait.

J’ai également dû gérer une migraine qui s’est installée pendant plus d’une semaine, malgré les cachets matin et soir qui faisaient bien effet, elle revenait sans cesse. Conséquence, je pense, d’une grosse semaine de changement de rythme et pleine d’émotions, ainsi que de route à faire. Tout au long du chemin, nous avons eu quelques difficultés à trouver nos spots pour dormir le soir, nous avons opté pour des campings payants étant très peu rassurés par le camping sauvage. En effet, 120$AU par personne si on se fait prendre, cela n’est pas rassurant et très peu économique. De plus, l’hiver approchant le soleil se couche à 18h et tous les commerces et campings ferment à 17h… Ce qui, finalement, nous fait des journées bien courtes ! Nous n’échapperons pas aux petites prises de tête et coups de stress qui font partis d’un road trip.

Pour autant, il semblerait que nous n’ayons pas l’âme téméraire des voyageurs car nous avons rencontré un autre couple venant de Strasbourg qui a largement expérimenté les aires illégales pour dormir, et ils n’ont jamais eu d’amende. Nous ne sommes pas assez culottés ! Quelle belle rencontre d’ailleurs, c’est souvent au dernier moment que l’on croise la route de ceux avec qui nous aurions pu partager un bout de chemin.

Nous voilà donc sur le ferry qui nous mènera à Mornington Peninsula. Une jolie péninsule que l’océan borde, dessinée par les hautes collines, les vignobles aux couleurs de l’automne et les roches volcaniques. Nous ne sommes passés que très rapidement et je souhaite vraiment y retourner afin de pouvoir davantage explorer ses paysages paisibles aux couleurs et aux activités très variées.

Enfin, nous arrivons au Parc National à l’Est de Melbourne : Wilsons Promontory. Nous nous pressons pour observer le coucher du soleil sur une des plages du parc. Assis avec notre bouteille de cidre (oui, je me suis mise au cidre comme je n’aime toujours pas la bière !), avec notre petit pâté français gentiment offert par Annie, nous dégustons les derniers rayons du soleil face à un paysage qui nous rempli de bonheur.

La nuit tous les animaux nocturnes, qui vivent en liberté dans l’ensemble du parc, sortent pour manger. Nos têtes ornées de lampes-torches nous partons à la chasse ! Renards, wallabies, possums, des biches/cerfs et wombats ont envahi les lieux, la nuit est à eux. Un wombat est venu se frotter à ma jambe alors que je cherchais mes affaires dans le coffre, je ne vous raconte pas la frayeur quand j’ai senti que quelque chose touchait ma jambe alors que j’étais dans le noir total ! Les perroquets rouges et bleus, d’autres roses, viennent chercher un peu de pain le matin. Je vous passe les vers noirs qui se dandinent sur le sol et décorent les murs des sanitaires…. Le ciel sur la plage est juste à couper le souffle, je n’avais jamais vu autant d’étoiles de ma vie. On aperçoit également la voie lactée et des étoiles filantes traversent le ciel régulièrement. Il fait très froid mais on tient encore quelques minutes le temps de graver ces images dans les volutes de notre cerveau.

Le lendemain, nous partons faire une petite randonnée de 3 heures sur les hauteurs du parc nous dévoilant une vue imprenable sur le domaine. Nous avons très rapidement été rejoint par une vingtaine de guêpes attirées par notre déjeuné… On engloutit notre sandwich, le ventre un peu serré, et on repart ! Le soir, nous allons nous promener sur Squeaky Beach, une plage qui fait un bruit de neige écrasée sous nos pas squeak, squeak, squeak. On en rigole beaucoup, c’est assez surprenant !

Le jour d’après, nous avions prévu une randonnée de 6 heures mais le temps ne fût pas notre allié, il a plu toute la nuit et toute la journée. Nous décidons donc de partir vers Phillip Island dont le microclimat peut nous offrir une petite chance de passer entre les gouttes. Nous avons passé la journée près de la plage à se réchauffer les os, puis nous avons dormi dans le jardin de la maison familiale, sans sanitaire, entourés d’autres types d’animaux sauvages : araignées, fourmis géantes, mille-pattes…

Enfin, deux journées sont consacrées au retour, au lavage du véhicule puis de tous nos vêtements, à l’organisation du prochain voyage, à l’empaquetage de toutes nos affaires, à la célébration de mon anniversaire. Nous voilà déjà repartis tous les trois vers d’autres aventures, et quelle aventure ! Un tour organisé de 10 jours entre Uluru et Darwin. Plusieurs millier de kilomètres en avion, en car et à pieds, tous pleins de nouvelles expériences, rencontres et paysages ! Mais cela fera l’occasion d’un autre article 😉

Penser à un voyage, c’est trop souvent l’envisager comme un tout fini, c’est-à-dire incluant le retour. Or quand un périple a une fin prévue, déterminée, que ce soit un lieu d’arrivée ou une date de retour, les étapes ne sont plus que de simples degrés dans la progression du voyageur vers cette fin. […] Chaque étape n’est plus qu’un compromis entre un désir et des contraintes, trop souvent source de remords, de regrets, ou de frustration.
Le temps du voyage – Patrick Manoukian

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